Un membre de l’UNC de Saint-Jacques décoré pour son arrière grand oncle.
C’est avec une grande émotion que Bertrand GICQUEL, membre de l’UNC de Saint-Jacques de la lande, s’est vu remettre la médaille de la résistance à titre posthume pour son aïeul Jules Guihard résistant. Cette cérémonie s’est déroulée dimanche 26 avril 2026 au Mémorial des Martyrs de la Résistance et de la Déportation à Rennes en présence de Monsieur Franck Robine, Préfet de la région Bretagne, des autorités militaires, de plusieurs élus dont Monsieur Mickaël Bouloux, député de la 8° circonscription, Monsieur Jean-Luc Chenut, Président du Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine ou encore Messieurs Joël le Besco Maire de Combourg et Sébastien Collet, Maire de Saint-Jacques de la lande.
Sandra Chelloug et Bertrand Gicquel les arrière-petits-neveux de Jules Guihard considèrent cette reconnaissance comme un aboutissement après de longues années de recherche. « Nos travaux nous ont mené vers les principaux centres d’archives nationaux et européens. Nous avons aussi développé un réseau important composé d’historiens, de familles de résistants et de passionnés » déclare Sandra. « Ce long travail de mémoire a débuté par l’écriture d’un livre intitulé « Jules Guihard matricule 76916 ». Nous réfléchissons aujourd’hui à l’écriture d’un second opus, plus fourni et mieux illustré, afin de sensibiliser davantage les nouvelles générations » réplique Bertrand. « Nous avons aussi rédigé un mémoire d’une cinquantaine de pages pour obtenir la mention « mort pour la France » puis entamé ensuite des démarches auprès de l’Ordre de la Libération. Cette mention a été validée par l’ONaCVG en 2024. La médaille a ensuite été acceptée par décret du Président de la République le 8 juillet 2025 »



Né à Combourg en 1893, Jules Guihard a combattu durant la première guerre mondiale dans des régiments d’artillerie jusqu’à sa démobilisation en octobre 1916 à la suite d’une intoxication pulmonaire au front. Après l’armistice, il fut l’un des premiers adhérents à l’UNC. Fervent patriote il rejoint la résistance en janvier 1943 et adhère au Front National de Lutte pour la Libération et l’Indépendance de la France. Etant mécanicien il fabrique des clés à déboulonner les rails de chemins de fer dans son garage automobile. On recense à son actif au moins 2 déraillements de trains Allemands en Ille-et-Vilaine. Malheureusement en novembre 1943, il est dénoncé ainsi que l’ensemble de son groupe par un ancien camarade Franc-Tireur. Conduit à la prison Jacques Cartier de Rennes, il est malmené par les miliciens, subissant torture et mauvais traitements dans les sous-sols de la prison. Il est ensuite conduit à la prison de Vitré où il s’évade le 29 avril sur le plan audacieux de son chef le Commandant Louis Pétri dit « Loulou ». Malheureusement repris, il est éloigné de la Bretagne car considéré comme un “dangereux terroriste”. Incarcéré à la prison d’Angers il est ensuite transféré au camp de transit de Compiègne-Royallieu (Frontstalag 122) puis déporté par le tristement « train de la mort » vers Dachau.
Il décédera le 22 février à l’infirmerie du camp, officiellement d’une septicémie.